Beauvais en transition est très heureux et fier d’avoir reçu la visite d’un journaliste de France Culture qui a interviewé plusieurs membres du collectif et visité plusieurs lieux emblématiques de la transition écologique et citoyenne à Beauvais. Il en est ressorti un reportage détaillé, avec des photos, des extraits d’interviews… et une séquence de 4 minutes ce matin sur France Culture (l’émission s’appelle Pixel).

Merci France Culture!

Pour lire, regarder et écouter le contenu de cette émission multimédia, c’est ici.

 

 

En voici quelques extraits:

“La transition énergétique agite la COP21 et sûrement ce vendredi à l’Hôtel de ville de Paris le Sommet mondial des élus locaux pour le Climat. Reportage d’Eric Chaverou à Beauvais, une des “villes en transition” d’un réseau international, plus connue pour son aéroport ! Complété par vos témoignages”.

 

“Beauvais, 60.000 habitants, capitale du low cost aérien, mais aussi depuis un an et demi ville en transition, sous l’impulsion notamment de Grégory Derville, Beauvaisien et enseignant en Sciences politiques à Lille 2. Pour sensibiliser et changer les habitudes au-delà des écologistes et militants déjà convertis. Car pour lui, alors que l’Opep se réunit à Vienne ce vendredi, « Notre dépendance au pétrole est hallucinante et qu’on le veuille ou non, il va bien falloir s’en passer. On sait déjà aujourd’hui que le stock est en train de s’épuiser. Le pic de l’extraction du pétrole conventionnel a eu lieu en 2006 et on est un petit peu comme des rats qui auraient fini la boîte de corn flakes et qui se diraient il n’y a pas de problème, c’est pas grave, j’ai trouvé que la boîte est comestible ! Et c’est vrai que beaucoup de personnes pensent que l’après pétrole est très loin et ne va pas les impacter. Donc, au delà de la sensibilisation, on développe de plus en plus des ateliers de bonnes pratiques. »”

 

“Brigitte Samain est venue avec son lombricomposteur mobile pour détailler les vertus de sa cause. Ou comment transformer les matières organiques en or brun dans sa cuisine ou son balcon grâce à des lombrics rouges Eisenia. Sa jeune association “Collembole et cie” fait partie de la quinzaine regroupée au sein de “Beauvais en transition” avec un logo et des actions communes, en ville et en ligne. “Collembole et cie” a déjà organisé un rallye compost et des démonstrations pour les enfants d’une gestion naturelle des déchets, mais Brigitte Samain voudrait aller plus loin avec du compost partagé dans un immeuble. « C’est aussi plus convivial parce que vous rencontrez vos voisins, vous faites un apéro compost et cela vous rapproche de la nature. »”

 

“Un peu plus de 500 personnes sont ainsi mobilisés à Beauvais en tentant de faire boule de neige. « Certains élus, déjà sensibles à ces questions, sont intéressés. Mais d’autres nous considèrent encore comme des zozos », confie Grégory Derville.

Dans l’ancien buffet de la gare, le président de l’association BeauVélo regrette lui un manque de coordination regrettable avec la mairie, qui a lancé un système de location de vélos sans associer ce lieu référence qui a été distingué par la région, une banque et une fondation. Lieu qui sert aussi d’atelier pour les particuliers, avec moult pièces recyclées, et qui organise des animations pour les enfants.

Mais Jean-Luc Maltet se félicite d’avoir converti beaucoup de jeunes avant leurs 18 ans et le permis auto grâce à Vélyce, des prêts gratuits à la journée pour lycéens (150 utilisateurs dont 1/3 de réguliers). Des vélos rouges qui ont aussi généré un effet d’entraînement chez les jeunes qui avaient remisé leur bicyclette”.

 

Ingénieur retraité charismatique, Jean Ferrand prêche lui la relocalisation de notre alimentation.

Et à côté de deux autres jardins partagés (de la paix et de l’écume du jour), il vient de lancer sur les hauteurs de la ville celui de l’Alep, Association de Lutte pour L’Environnement en Picardie ou Association pour la Libération de L’Environnement en Picardie. 4.000 mètres carrés où poussent citrouilles, topinambours, panais, cresson, pissenlit, orties, pêches, pommes ou encore framboises, suivant les principes de la permaculture et avec une très modeste participation financière des habitants intéressés. Les légumes bio haute qualité sont ainsi vendus un euro le kilo, le prix de l’adhésion à l’association ! Association qui a une permanente qui intervient dans une quinzaine d’établissements scolaires et parfois travaille avec les cantines.

Créée dans les années 1970 par deux Australiens, la permaculture vise une production agricole soutenable, très économe en énergie et respectueuse des êtres vivants et de leurs relations réciproques.

Un champ d’expériences et d’échanges extraordinaire, pour cet intarissable expert qui prend le temps de raconter chaque plant, jusqu’à retourner la terre avec sa grelinette fétiche. Lui qui détaille une production et une distribution a minima de pétrole et estime que « la difficulté dans ce genre de jardin, c’est le groupe humain. Il faut coordonner tout cela tout en respectant chacun. Globalement, on y arrive, mais je pourrais écrire un livre sur la relation humaine. C’est complexe. On a tout eu ici. »”