Qu’est-ce que la permaculture ?

 

La permaculture est une philosophie et une pratique qui nous invite à agir en nous inspirant du fonctionnement de la nature. Son but est de concevoir des installations humaines qui s’insèrent au mieux dans les écosystèmes naturels, sans les abîmer, en préservant et même en augmentant leur diversité et leur durabilité.

Que nous apprend l’observation des écosystèmes ? Des choses toutes simples mais fondamentales :

– Dans la nature, tout est relié, chaque élément interagit et coopère avec ce qui l’entoure.

– Les écosystèmes fonctionnent en boucle : tout est recyclé, les déchets produits par un élément sont une ressource pour les autres.

– Chaque élément remplit plusieurs fonctions, et chaque fonction importante est assurée par plusieurs éléments”.

– La nature est productive en permanence (des plantes germent et poussent, des animaux naissent et grandissent…)

Tout cela fait que les écosystèmes sont autonomes, résilients et durables (tant que les activités humaines ne les dégradent pas).

 

La permaculture invite à s’inspirer de cette observation attentive des écosystèmes dans chacune de nos actions, et à “agir avec la nature plutôt que contre elle” (selon la formule de l’un de ses fondateurs, l’australien Bill Mollison). Par exemple :

– “Pensez aux conséquences à long terme de vos actions

– “Cultivez la diversité

– “Utilisez des énergies douces

– “Aidez les gens à redevenir autonomes

– “Focalisez-vous sur les solutions et non sur les problèmes

– “Agissez au bon endroit”, “aidez les personnes qui ont envie d’apprendre

 

>> La permaculture n’est pas une technique de jardinage, c’est beaucoup plus que cela : c’est une méthode pour concevoir, installer et faire fonctionner des “écosystèmes habités” qui soient à l’image de la nature, c’est-à-dire durables, équilibrés, diversifiés, résilients, efficaces, productifs…

La permaculture peut donc être mise en œuvre dans de nombreux domaines : le jardinage, mais aussi l’habitat, la gestion de l’énergie ou de l’eau, les relations sociales, etc.

 

La permaculture dans le domaine de l’agriculture et du jardinage

 

En matière d’agriculture et de jardinage, la permaculture nous invite à créer partout où c’est possible, même sur de petites surfaces, “un écosystème cultivé dans lequel chaque élément interagit de façon harmonieuse avec les éléments qui l’entourent.

Pour cela il faut prendre le contre-pied de l’agriculture productiviste moderne. Par exemple :

– On diversifie les productions. Concrètement, on pratique en même temps l’élevage et le maraîchage, on cultive des plantes associées, on développe l’agroforesterie…

– On prend soin du sol et de la vie qu’il recèle (vers de terre, microbes, champignons…). Concrètement, on ne laboure pas, mais on utilise des plantes qui aèrent le sol.

– On enrichit le sol par des “engrais verts”. Concrètement, on laisse pousser des plantes que l’on fauche et qu’on laisse se décomposer sur place.

– On utilise le plus possible l’énergie humaine (travail à la main sur de toutes petites surfaces) et l’énergie du soleil ou du vent.

– On choisit des éléments (plantes, animaux…) qui peuvent remplir plusieurs fonctions (par exemple on choisira d’installer dans une haie des arbustes qui peuvent à la fois protéger du vent, attirer des oiseaux ou des abeilles et produire des fruits ou des fleurs).

– On s’efforce de ne jamais laisser le sol à nu, notamment pour ne pas donner prise à l’érosion. Concrètement, on paille le sol, on fait se succéder les récoltes de façon rapide, etc.

– Plutôt que de lutter contre la nature pour imposer NOS solutions, on la laisse trouver, petit à petit, son équilibre. Par exemple, plutôt que de lutter contre les “nuisibles”, on essaye d’accueillir avantage d’auxiliaires qui vont petit à petit régulier leur population.

– D’une manière générale, on essaye de développer un jardinage aussi peu interventionniste que possible, qui laisse une grande place aux plantes pérennes et vivaces et à la vie sauvage sous toutes ses formes, et qui s’inspire de ce que Masanobu Fukuoka appelait “l’agriculture du non-agir”.

 

Ce sont ces principes très simples que l’ALEP et l’Ecume du jour essayent de mettre en pratique au jardin partagé de l’Ecume du jour et au jardin oasis de l’ALEP. Ceux qui sont intéressés peuvent venir y jardiner tous les mercredis du mois à partir de 14h.

Beauvais en transition a aussi organisé 4 week-ends d’initiation à la permaculture, animés par Grégory Derville. Il est possible que nous en organisions encore un autre.

 

Pour aller plus loin sur la permaculture…

 

– Bill Mollison, Introduction à la permaculture, Passerelle éco, 2012. Une excellente introduction, rédigée de façon très simple, avec une multitude d’exemples concrets. Les citations du texte ci-dessus sont extraites de cet ouvrage.

Introduction à la permaculture (Bill Mollison)

– David Holmgren, L’essence de la permaculture. Ce texte d’une vingtaine de pages, plus complexe, définit les grands principes de la permaculture. https://holmgren.com.au/downloads/Essence_of_Pc_FR.pdf